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    Le parallèle de l’art et de l’Histoire est peut-être celui d’une réalité et de sa représentation. Il est indéniable que l’art a toujours entretenu d’étroites relations avec les événements majeurs de son contexte socio-historique. C’est ainsi que de nombreuses formes d’art ont amplement participé à la construction de l’historiographie. Le dialogue de l’art et de l’Histoire au XIXe siècle constitue un champ d’étude intéressant quant à la révélation de ce rapport principalement dual et garant de récits de faits réels ancrés dans l’Histoire. L’artiste est un homme qui se montre pleinement concerné par les faits marquants qui se déroulent dans sa société. Son regard aiguisé et sa sensibilité lui permettent de considérer les faits historiques différemment d’un historiographe. La création artistique puise son inspiration dans l’environnement de l’Histoire et les œuvres deviennent les lieux où les artistes s’appliquent à repenser l’actualité.   

    Le regard porté sur l’Histoire du XIXe siècle et aux moyens mis au service de sa constitution devrait être éduqué. Les relations tissées entre la photographie et son environnement historique invitent à réfléchir. On peut être désarçonné devant la question du rapport qui relie la photographie, entendue comme l’art de la représentation de l’éphémère inscrit dans l’éternité, avec l’actualité fondatrice l’Histoire et avec l’imaginaire collectif. Il serait néanmoins raisonnable d’adopter une posture distanciée vis-à-vis de la manière dont on aborde les événements de l’Histoire et les différents angles sous lesquels elle est envisagée. Loin d’être conçue dans un rapport de servitude qui l’aurait certainement enfermé et figé, la photographie retrace un processus constitutif de son esthétique et déterminant dans son rapport à l’Histoire et à l’archéologie. Le dispositif littérature-photographie représente à nos yeux un outil fructueux et privilégié quant à l’approche de l’Histoire du XIXe siècle. Le dialogue scriptural et visuel restitue un sens à la fois plus poignant et quelques fois même insoupçonné. Il rompt ainsi avec la lecture classique de l’Histoire en variant les moyens et les procédés, en impliquant le lecteur-spectateur dans la construction du sens et en activant son imagination.