"La lecture d'un roman [...] est une expérience, directe et inédite, au même titre qu'une rencontre, un voyage, une maladie ou un amour." Tout grand romancier crée un monde [...]. "

                                                                             Julien Gracq, En lisant en écrivant, José Corti, 1980.

Rappelons qu'En lisant en écrivant est un recueil de notes de Julien Gracq publié en 1980. Dans cette oeuvre qui se veut critque, l'auteur soulève une réflexion sur l'acte de lire et celui d'écrire, une activité complexe qui nécessite un énorme travail cérébral. L'absence de marque typographique entre les deux gérondifs indique le lien étroit entre ces deux activités qui sont quasi inséparable. Il va sans dire qu'on ne saurait écrire sans avoir lu au préalable ou inversement. L'espace littéraire procure une occasion, pour le lecteur, de recréer l'histoire romanesque. D'où la question si le lecteur devient un simple interprète qui suit les indications qui lui sont fournies par le texte?

En tout cas, la relation entre le lecteur et l'oeuvre devrait être directe sans nul besoin de passer par le jugement de la critique littéraire. La lecture d'un texte littéraire est une expérience intime et personnelle au même titre qu'une rencontre amoureuse ou autre. Ce qui importe le plus c'est le côté émotionnel qui naît lors d'une lecture. Visiblement, Julien Gracq décline toute lecture systématique qui se plie aux simples outils stylistique ou linguistique. Ce qui prime avant tout c'est la spontanéité qui mettrait en valeur une lecture tout en la rendant humaine.